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Lôzane l'insoumise, 1980

  • Article retranscrit à partir des archives du journal 24heures. 1991.

A la fin de l'article je vous propose deux films sur ce sujet.

Photo lôzane bouge la police Yvan Muriser
Des policiers brutalisent un membre de Lôzane Bouge, qui a un bras dans le plâtre. 
(Image: YVAN MURISET/CYBERPHOTO)


Le mouvement de jeunes bouge dans l’espoir d’obtenir un centre autonome

«Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim se paie par le risque de mourir d’ennui.» A l’automne, le mouvement né quelques mois plus tôt se met en marche. Les jeunes «de 14 à 30 ans» se sentent mal à Lausanne. Inspirés par les récents événements zurichois, ils veulent la liberté, un endroit où vivre leur culture, sans contrôle, sans police. Dans les rues, des centaines d’entre eux défilent sans autorisation, ce samedi 27 septembre. Ils sont partis calmement de la Palud. Mais dès la rue Caroline, puis la rue de Bourg, des cris se font entendre. Des devantures sont sprayées, une vitrine de banque démolie. Les appels au calme des manifestants ne sont pas entendus par les casseurs.

A Beaulieu, où se tient le Comptoir, la police fait barrage. L’échauffourée ne peut plus être évitée. Elle envoie les gaz lacrymogènes sous les injures des manifestants. Dans la mêlée, certains d’entre eux sont arrêtés sans ménagement. «Une «baraque» en civil agrippe un jeune et commence à le «fracasser» contre un mur. La vox populi gronde doucement», décrit le jeune stagiaire de 24 heures.

La manif du 27 septembre sera suivie par une dizaine d’autres tout au long de l’automne. Certaines sont qualifiées de «guérilla urbaine». Police et manifestants s’affrontent. Jets de pierres, de boulons, de matériel de chantier d’un côté, matraques et bombes lacrymogènes de l’autre.

Non à la politique

Face aux événements, les commentaires de la presse sont divers. La Gazette de Lausanne met l’accent sur les dégâts et le désarroi de la Municipalité, dont Jean-Pascal Delamuraz est le syndic. 24 heures et la Tribune-Le Matin décrivent les violences faites aux manifestants et cherchent le sens profond de cette insurrection menée par un mouvement encore «très vague». Lôzane bouge n’est pas politisé. L’extrême gauche aimerait rallier les jeunes en colère. En vain, car ils veulent exprimer leur «ras-le-bol» face à l’ordre établi et tout schéma politique est ressenti comme un emprisonnement.

Très vite, un groupe d’adultes, formé de personnes issues de l’extrême gauche et proches par leurs métiers de la mouvance, se réunit en un «Collectif de défense» pour venir en aide aux manifestants. Parmi eux, l’ancienne députée Anne-Catherine Menétrey, qui rédigera, un an après les événements, une chronique intitulée La vie… vite (Editions d’En Bas). L’ouvrage tente de définir l’esprit de Lôzane bouge, fêtard et bon enfant, mais aussi empli d’amertume au sein d’une ville jugée hermétique à la jeunesse.

Au nom du Collectif, Anne-Catherine Menétrey s’essaye aussi à en faire le portrait, sans pouvoir toutefois la catégoriser: «Ce ne sont probablement pas des fils à papa et sûrement pas, en majorité, des intellectuels.» Elle explique: «Pour les avoir côtoyés plus d’une fois, nous avons été frappés par la jeunesse de la plupart et par le fait que la majorité d’entre eux était totalement novice, inconnue les uns des autres.» Selon un sondage effectué par le Collectif auprès de 114 témoins, 55% avaient moins de 20 ans. En dépit des arrestations, des poursuites judiciaires et des condamnations, le Centre autonome naît au printemps 1981 à la rue Saint-Martin, dans des locaux décrits comme «parfaitement sordides» par la Gazette de Lausanne. Il deviendra, à l’automne, le Cabaret Orwell, un lieu de rencontre où des concerts et des projections de cinéma ont lieu.

Mais l’endroit, trop vétuste, n’est pas appelé à durer. Un an plus tard, des jeunes persévèrent en faveur d’un lieu de culture alternative à Lausanne, dont Jean-Marc Richard. Ils fondent le Koprock. Ils vont nouer un vrai dialogue avec la Municipalité, dont le nouveau syndic, Paul-René Martin, montre davantage d’ouverture que Jean-Pascal Delamuraz. Enfin, le 12 avril 1985 s’ouvre la Dolce Vita, qui deviendra une vraie scène du rock, jusqu’en 1999. (24 heures)

Par Lise Bourgeois. Journaliste à 24heures
  • «Lôzane bouge» Autonomie ou répression

Travail de diplôme 1983 Institut Etudes Sociales de Genève Claude JENNY de Lausanne, durée 11'35'': Lôzane a bougé en 1980 - YouTube

Lôzane bouge. manifs des jeunes à Lausanne 1980. Extrait du dvd: Femmes du no futures, durée 1'08'': Lôzane bouge - YouTube

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